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vendredi 29 juin 2012

Youcef Allioui - L'Organisation Socio-Politique traditionnelle de la Kabylie Ancienne

Youcef Allioui a été professeur d'économie et cadre financier en entreprise pendant près de 20 ans. Docteur en sociologie et en psychologie du travail, il a voué une grande partie de son temps aux enfants et aux jeunes en grande difficulté d'insertion scolaire et socioprofessionnelle au sein de la Ligue Française de l'Enseignement. Il a également été enseignant de langue amazighe à l'Université Paris 8 Vincennes et a travaillé activement au sein des Groupes d'Etudes et de Recherches Berbères de la même Université et de Paris V Sorbonne sous la Direction de Fernand Bentolila.

Il a notamment participé à la création de la radio périphérique berbère « Radio Tamazight », à travers laquelle il avait animé de 1982 à 1986 une émission en berbère-kabyle intitulée « La langue berbère » (Tutlayt tamazigt). Ces émissions pourront bientôt être écoutées à la Bibliothèque Nationale de France grâce au concours de l'Institut National de l'Audiovisuel (INA).

Sociolinguistique, il se voue à la langue et à la littérature orale berbère de Kabylie depuis plus d'une trentaine d'années. Ecrivain et poète bilingue en berbère et en français, il a consacré plusieurs ouvrages et de nombreux articles et conférences à la Kabylie.

L'aliénation linguistique et la résilience culturelle des Imazighen demeurent toujours ses champs favoris de recherche et d'investigation.

Aujourd'hui, il se consacre aussi à sa fonction de psychologue dans le cadre notamment du soutien à l'enseignement en travaillant, notamment dans le cadre du dispositif d'insertion des « 16-25 ans ».

La sagesse des oiseaux par Youcef Allioui

C'est bien le cas de dire que le mort fait chanter le vif. Que de poèmes épiques chantés et dits sur les combattants kabyles morts au combat de 1830 à 1871 ! Quand leur pays est envahi, leurs tribus persécutées et leurs chefs (mezwers) bannis ou condamnés à mort, leur voix, s'éveillant tout à coup enflamme, comme dans le conte de l'alouette, les groupes guerriers des paysans devenus soldats, et retrouve, pour chanter le pays amazigh, l'inspiration des anciens bardes berbères qui parcouraient leur pays, Tamazgha.

Je pourrais citer mille autres exemples de l'utilité pratique de notre littérature orale populaire. Je ne répéterai jamais assez que c'est grâce à la poésie ancienne que la Kabylie a connu son printemps berbère par une révolte de sa jeunesse en 1980. Ce qu'elle avait appelé « le printemps berbère » (tafsut imaziyen). Il est dit dans nos traditions que la poésie faisait fuir tous les malheurs y compris ceux de la peste !

« Bizarre superstition ! » m'avait un jour dit l'un de mes professeurs de français originaire du Sud-Ouest de la France. Superstition ? Sans doute ! Mais elle montre avec éclat quel pouvoir le peuple kabyle attribuait à sa culture orale et à sa poésie. L'alouette n'avait-elle pas dit : « Le poète a des mots pour calmer toutes les douleurs et éteindre tous les incendies. »

Le merle aussi a dit au petit entant berbère : « Ecoute-moi chanter et tu finiras par comprendre que ta langue est aussi belle que toutes les autres ! »

lundi 25 juin 2012

Frantz Fanon, source d'inspiration du terrorisme ?





mardi 19 juin 2012

Slimane Benaissa

Slimane Benaïssa né à Guelma en Algérie est un écrivain et dramaturge algérien.

Il est né à Guelma dans les Aurès dans l'Est algérien. En février 1993, après une vingtaine d'années de composition en arabe, il s'exile en France. Il s'y fait connaître avec sa pièce Au delà du voile, écrite à l'origine en arabe et qu'il traduit en français, mais surtout avec Les fils de l'Amertume, en 1996, qui fit sa renommée. Il connaît le même succès avec Prophètes sans Dieu. Ses pièces ont souvent pour visée d'aborder une morale sur le racisme, les préjugés, le sexisme.

lundi 18 juin 2012

La prediction de la Coface


DANS SON APPRÉCIATION DU RISQUE
La Coface mise sur la stabilité politique de l'Algérie
Le rapport de l'organisme français relève l'importance des investissements publics et prédit une victoire du FLN pour les prochaines législatives.

Sur le plan politique, la Coface évoque la stabilité politique qui " prévaut depuis la réélection du président Bouteflika en 2009, pour un troisième mandat courant jusqu'en avril 2014 ". L'organisme français d'assurance-crédit estime que " le FLN devrait conserver la majorité à l'issue i des élections législatives de mai 2012 ". " Afin d'essayer de désamorcer la contestation politique et sociale, dans le contexte des soulèvements en 2011 dans d'autres pays arabes, le pouvoir a pris des mesures destinées à améliorer la représentation politique et le rôle des médias, à lutter contre le chômage des jeunes et à augmenter le nombre des logements sociaux ", poursuit le document. La situation sécuritaire s'est améliorée, constate la Coface, mais " des actions sporadiques du groupe islamiste radical Al-Qaïda au Maghreb islamique demeurent possibles, même si leur effet déstabilisateur sur l'activité économique est limité ".

MEZIANE RABHI
Liberte mardi 17 janvier 2012

dimanche 17 juin 2012

Les contradictions de la campagne par Bachir Medjahed

Cette campagne électorale a été celle des contradictions. Ghozali, le chef du gouvernement qui avait interrompu les élections de décembre 1991, Taleb Ibrahimi, celui dont on dit qu'il devait succéder à Ghozali pour diriger un gouvernement FIS. Taleb ne disait pas qu'il n'était pas pressenti pour ce poste, mais par contre il disait qu'il ne travaillerait pas avec Chadli (ou plutôt qu'il n'accepterait pas de travailler avec celui-ci), après pourtant avoir longtemps travaillé avec lui. Deux hommes, normalement aux visions différentes, soutiennent le même homme, Benflis. Ce rapprochement signifierait alors que les antagonismes idéologiques n'étaient qu'un jeu. L'essentiel était ailleurs. Serait-ce la politique de la concorde qui est déjà passée à celle de la réconciliation ?

Autre contradiction, de même équivalence, mais transposée à l'opposition. Saïd Sadi a évolué ou a fait son mea culpa. Les partis islamistes ne sont plus ses adversaires. Le FFS également. A-t-il soudain pensé (ou s'est-il rendu compte) que plus il se pose en adversaire résolu des seuls partis islamistes, plus en réalité il « travaille » en faveur du pouvoir, dans ses configurations successives ? Il se serait, peut-être, laissé à penser que le système qu'il a contribué à « sauver » en janvier 1992 ne l'a pas fait bénéficier d'un retour d'échelle. Le système lui avait préféré le RND, puis le FLN, malgré la caution « démocrate » qu'il avait donnée à l'interruption des élections de décembre 1991, malgré aussi qu'il ait accepté de rejoindre l'exécutif sous la présidence de Bouteflika qui aurait dû, peut-être, en compensation lui attribuer le bénéfice de la résolution de la crise de Kabylie, avec une cerise sur le gâteau : l'officialisation de la langue amazigh.

Ceux qui avaient directement participé à la guerre en tant qu'acteurs (Yacef Saâdi, commandant Azzedine) se retrouvent dans des camps opposés. Le commandant Azzedine, qui a fondé le CCDR, devait être attendu dans un soutien à Saïd Sadi, démocrate avant la création du CCDR. Pour ne parler que des personnalités publiques, une ancienne magistrate et ministre avait vu en Benflis un militant des droits de l'Homme. Logiquement, si ce critère est prépondérant dans le choix du candidat à soutenir, le soutien aurait dû aller vers Saïd Sadi qui avait fait la prison pour les droits de l'Homme. Peut-être aussi pour Louiza Hanoune qui avait défendu ses idées aux prix de la privationde liberté. Fawzi Rebai aussi. A moins que cela ne procède d'un choix pour un vote utile. Descendons d'un cran. Betchine a préféré soutenir Bouteflika, un de ses plus proches collaborateurs a préféré soutenir Benflis. Une autre contradiction encore et cela concerne les ârouch. Ils ont fait de la revendication de l'officialisation de la langue amazigh sans référendum (c'est vrai qu'on ne passe pas en vote une identité), l'élément fondamental du blocage du dialogue entamé avec Ouyahia. Là encore,st ce critère peut être estimé comme fondamental dans le choix du candidat à soutenir, normalement, ils n'appeleraient pas au boycott et soutiendraient les candidats qui affirment, publiquement, avec précision qu'ils l'officialiseront en la constitutionnalisant.

Louiza Hanoune, sans conditions aucune s'est engagée dans ce sens. Qu'on l'officialise et qu'on en finisse avec les manipulations dit-elle. Djaballah est cet autre candidat qui s'est engagé dans ce sens, avec une condition, c'est-à-dire qu'elle soit transcrite en caractères arabes.

Un constat est à faire. Tous ceux qui ont été au pouvoir, à un moment ou à un autre, ont choisi d'apporter leur soutien à Bouteflika ou à Benflis. La presse a, elle-même, contribué à bipolariser cette campagne en représentant Bouteflika comme symbolisant le pouvoir et Benflis comme symbolisant l'opposition. Tout se passe comme si « la » main visible a poussé Benflis à s'opposer à Bouteflika et à aller « squatter » l'opposition et a actionné la presse pour donner corps à une opposition nouvelle, créée et qui n'a rien à voir avec l'opposition authentique.

Coup d'essai, coup de maître. L'opposition authentique est marginalisée médiatiquement au point où il semble que ceux qui investissent dans leurs propres intérêts et dans leurs seuls intérêts, ne veulent pas se risquer à soutenir les quatre autres candidats présentés comme des perdants sûrs. Autrement dit, c'est la presse qui les a éliminés et qui a décidé que seuls deux candidats soient en lice, les autres étant prévus pour amuser la galerie.

Par Bachir Medjahed
cadre supérieur, analyste à l'INESG
(Institut National d'Etudes de Stratégie Globale)

Le Quotidien d'Oran jeudi 08 avril 2004

samedi 16 juin 2012

Mourad Dhina et les juifs



DES ISLAMISTES ALGÉRIENS CONTACTENT UN REPRÉSENTANT DU LOBBY JUIF

Les Djaz'aristes du FIS font alliance avec des proches de Sharon

Même si le dossier du FIS est définitivement clos, ses ramifications, notamment le courant de la Djaz'ara (algérianistes), demeure actif. Ainsi, à l'instigation de Mourad Dhina, dirigeant islamiste exilé en Suisse, les islamistes algériens ont alerté une organisation juive américaine pour interdire aux officiels algériens l'accès au territoire américain.

Les anciens Djaz'aristes du FIS installés en Suisse n'ont rien trouvé de mieux que de s'allier à une ONG juive américaine qui fait partie du lobby juif américain, proche du Premier ministre israélien, Ariel Sharon, pour discréditer le gouvernement algérien! Ainsi, Mourad Dhina, accusé de trafic d'armes au profit du GIA en 1994 et scientifique en exil en Suisse, a délégué un de ses hommes de confiance, Dr Mohamed Anouar Koutchoukali, afin de prendre contact avec l'Américain Richard Krieger, président de l'International Educational Missions (IEM) et président du conseil américain de l'Holocauste. Cette ONG fait partie du réseau juif américain proche de l'AIPAC et est en relation avec le puissant groupe extrémiste sioniste " Anti-Diffamation League ".

L'objectif du groupe de Dhina est d'interdire l'accès aux Etats-Unis d'Amérique à tous les officiels algériens et même de les y faire juger pour avoir « perpétré des massacres contre la population algérienne », selon le comité Justicia Universalis, un appendice des Djaz'aristes en Suisse et en Europe, utilisé fréquemment dans des affaires liées aux droits de l'homme en Algérie.

Forts de la présence de Anouar Heddam, l'ancien dirigeant du FIS exilé à Washington, les islamistes de la Djaz'ara entendent bénéficier du soutien de l'IEM pour traduire des officiels algériens en justice.

Ils font appel à Richard Krieger qui est un des relais les plus efficaces du lobby juif américain et qui avait organisé, quelques années auparavant, une émigration massive vers le continent américain de réfugiés juifs venant d'Ethiopie, Cambodge, Vietnam, Nicaragua, Roumanie, Russie, Soudan et d'Iran. Krieger, considéré comme un « chasseur de nazis», avait été l'initiateur d'une banque de données sur les nazis tortionnaires, criminels de guerre, génocidaires responsables d'abus en matière de droits de l'homme. C'est à ce titre que les Djaz'aristes algériens lui font appel afin d'organiser une sorte de remake de cette « chasse à l'homme » qui concerne les officiels algériens en déplacement aux Etats-Unis. Ce n'est pas la première fois que les islamistes exilés à l'étranger, notamment le groupe de Dhina qui comprend Abbas Aroua, Mustapha Habbès, Hassan Ouchène, Mourad Ould Adda et Anouar Heddam, initient ce type de projets. Déjà, durant des années, ils ont tenté de faire accréditer les thèses du FIS auprès des ONG et de la CDH de l'ONU (Commission des droits de l'homme) à Genève sans y parvenir face à l'autorité diplomatique de Mohamed Salah Dembri, représentant de l'Algérie à la CDH, qui fut même pris à partie physiquement par ce groupe d'islamistes. Mais la nouveauté réside dans cette alliance avec le lobby pro-sioniste et les passerelles montées entre le mouvement islamiste algérien et les juifs américains, inaugurées au début des années 90 par une collaboration étroite avec le penseur Noam Chomsky dans le cadre des éditions Hoggar Print.

Ce retour au-devant de la scène alors que des anciens du FIS dont Rabah Kebir ont adhéré à la politique du président Bouteflika renseigne sur la réorganisation des structures djaz'aristes à l'étranger sous couvert de l'immunité politique offerte par quelques Etats européens. La mouvance est en train de se réorganiser sérieusement depuis l'exil « sanitaire » de Abassi Madani en Malaisie, où il a rejoint la figure la plus dangereuse de ce mouvement, Tidjani Boudjelkha, ancien professeur à l'USTHB de Bab Ezzouar et un des idéologues de ce que fut le FIDA, le groupe terroriste le plus organisé et le plus meurtrier à l'égard des intellectuels algériens. Une proximité qui vise à torpiller la réconciliation nationale prônée par le pouvoir algérien.

Le Quotidien d'Oran mardi 25 mai 2004
MOUNIR B.

vendredi 15 juin 2012

Rachid Boudjedra - Topographie ideale pour une agression caracterisee (1975)


L'avenir est pour la langue arabe en Algérie ...
Rachid Boudjedra



jeudi 14 juin 2012

De la Libye a la Syrie : Que peut l'Occident ?



Bernard Henry Lévy
Écrivain
Philosophe
Son film Le serment de Tobrouk vient de sortir en salle

Jean Pierre Filiu
Professeur à Sciences Po (Paris), où il enseigne au sein de l'Ecole des Affaires internationales. Historien, arabisant et diplomate, il a aussi été professeur invité dans les universités de Columbia (New York) et de Georgetown (Washington).
Son dernier livre : Histoire de Gaza (Fayard, avril 2012)

mardi 12 juin 2012

Mouloud Gaid

Derrière les grands noms de la Révolution algérienne, l'histoire retiendra le rôle discret — mais combien important — joué par d'authentiques patriotes. Avec abnégation, ils ont accompli leur devoir dans les différentes structures de l'ALN-FLN. Mouloud Gaïd — de son nom de guerre Si Rachid — appartient à cette catégorie d'hommes entièrement dévoués à l'idéal qu'ils ont épousé dès leur jeune âge : l'indépendance de l'Algérie.

D'abord fidèle militant de l'UDMA de Ferhat Abbas. il se radicalise et rejoint les rangs du FLN. Il sera de l'entourage immédiat de Krim Belkacem et de Abane Ramdane.

C'était en Tunisie pendant les années 50. Le 9 juillet 1956, il participe à un événement majeur de la Révolution. À la tête d'une délégation de l'UGTA — en tant que premier successeur du fondateur Aissat Idir, arrêté — il se rend à Bruxelles pour parapher l'adhésion officielle de la Centrale à la CISL(*).

C'était là la première reconnaissance par l'étranger de l'Algérie combattante.

dimanche 10 juin 2012

Boualem Sansal 30 mai 2012 par Mediapart




samedi 9 juin 2012

L'oeuvre inacheve

Victor Hugo disait que « l'exil est une longue insomnie » Et elle semble être le lot des écrivains algériens toutes générations confondues. Déjà, la toute première génération : Mohammed Dib, Mouloud Mammeri, Malek Haddad et Kateb Yacine, loin de constituer une école, ont marqué la littérature algérienne de ses plus belles oeuvres devenues depuis des classiques, lis ont tous été des sortes de nomades, prenant souvent les chemins de l'exil à la recherche d'un équilibre difficile à trouver. Ils ont sillonné la France, l'Allemagne, l'Italie, faisant de nombreux métiers pour survivre tout en se consacrant à l'écriture.

La génération suivante, celle des années soixante-dix, Mourad Bourboune, Assia Djebbar, Rachid Boudjedra, très influencés par ces précurseurs ont eux aussi choisi l'exil qui incarne une forme d'expression douloureuse qui anime les scripteurs d'idées créatrices assez surprenantes ; comme si l'exil devenait la source inspiratrice de ces écrivains qui sont confrontés souvent à une série de sentiments confus, tels que la solitude, l'isolement, l'aliénation et le dépaysement.

Plus tard, la génération des années quatre-vingt s'est distinguée par une implication plus directe dans la société civile, Tahar Djaout et Rachid Mimouni avec l'énergie tranquille qui les caractérisaient n'ont cessé de dénoncer les tares d'une société et ses maux destructeurs, Rachid Mimouni, reconnu comme le scribe de sa société s'est exilé volontairement pour échapper non pas à lui-même comme les écrivains de la première génération, mais à la menace de mort violente que brandissaient les terroristes intégristes sur la tête de sa fille de treize ans.

Hélas, l'exil le tuera d'une maladie sustentée par les souffrances et les déchirures, il meurt le 12 février 1995 au Maroc. Né le 20 novembre 1945 à i Boudouaou, d'une famille de paysans ; pauvres, le seul garçon parmi trois filles, Mimouni fait des études supérieures et obtient une licence de sciences en 1968. En 1991, il obtient le prix de la Nouvelle attribué par l'Académie Française et le prix littéraire pour La malédiction en 1994. Son oeuvre est une fresque de l'Algérie de la veille de l'indépendance à sa plus noire et sanglante décennie, celle des années 90.

Le premier roman de Mimouni, Le printemps ne sera que plus beau, publié à Alger en 1978, passe inaperçu, et l'auteur ne connaîtra une notoriété qu'à partir de son quatrième roman publié en France en 1989 chez Laffont, Tombeza, qui consacre Mimouni comme l'un des écrivains algériens les plus lus et les plus prometteurs aussi. Il a su avec une langue claire, témoigner d'une identité et d'une culture sans passion juste avec les mots qu'il faut. Dans sa trilogie, Le fleuve détourné, Tombeza et L'honneur de la tribu.



Mimouni jette un regard critique sur une histoire faite de sang, de sacrifices et de privations d'un pays qui n'arrive pas a tracer sa voie. La force de Mimouni réside dans le fait qu'il affectionne particulièrement des personnages poignants qu'il dote de pouvoirs comme son héros Tombeza, le handicapé, repoussant et simplement laid, né d'un viol, qui devient attachant. Il dépeint aussi une société souvent en prise avec ses idées idéologiques souvent un obstacle à une possible ouverture.

Mimouni est mort trop tôt privant l'Algérie de cette relève littéraire qu'elle attendait. Sa courte vie aurait été remplie d'une écriture simple, forte en même temps et d'une conviction, celle d'être un écrivain authentique, rompant avec les formes d'écritures utopiques, car puisant ses inspirations dans l'essence même de la réalité algérienne.

Nassira Belloula
Liberté lundi 17 février 2003

mercredi 6 juin 2012

L'allumeur de reves berberes de Mohamed Said Fellag




mardi 5 juin 2012

Entretien avec Jacques Simon

Centenaire de la naissance de Messali Hadj !

Le 15 mai 1998, s'est tenu à la MGEN, une journée d'hommage à Messali Hadj. le fondateur da nationalisme algérien qui fut toujours un ami de " La Révolution Prolétarienne ". Nous avons demandé à Jacques Simon qui a participé activement à l'organisation de cette journée, de nous accorder un entretien. Nous le remercions chaleureusement.

R.P. Tu es à l'origine du Centenaire de la naissance de Messali Hadj et son principal animateur. Tu as consacré une maîtrise de sciences politiques à l'Union syndicale des travailleurs algériens (USTA) et une thèse de doctorat d'histoire à Messali Hadj. Pourquoi un tel intérêt pour Messali Hadj ?

J-S. Messali Hadj est le fondateur du nationalisme algérien et la plus grande figure de l'histoire de l'Algérie contemporaine. II fait aussi partie de mon histoire. Depuis mon enfance passée en Algérie, j'ai éprouvé de l'admiration pour ce dirigeant toujours persécuté mais qui avait refusé le fascisme et l'antisémitisme dont j'ai beaucoup souffert avec ma famille d'origine juive. Messali offrait aussi avec des élections libres à une Assemblée Constituante Souveraine, une solution démocratique à tous les habitants de l'Algérie, européens, juifs et musulmans.

Union syndicale des travailleurs algeriens (USTA)

UGTA
L'Union syndicale des travailleurs algériens (USTA) est constituée à Alger, le 14 février 1956, par des syndicalistes du Mouvement national algérien (MNA). La CISL refuse son adhésion sous l’influence des États-Unis et des communistes. Le Parti communiste algérien (PCA), le Front de libération nationale (FLN) et l'administration coloniale conjuguent leurs efforts pour la détruire. Au lendemain du vote des pouvoirs spéciaux par l'Assemblée nationale, le 12 mars 1956, les cadres survivants de l'USTA sont arrêtés par la police française, ce qui sonne le glas de l'implantation de l'USTA en Algérie.

L'influence de l'USTA se limite dès lors au territoire français où la Fédération française est créée le 26 mars 1956 et où le gouvernement ne peut interdire un syndicat. Les premières sections sont créées dans les mines, la chimie, le bâtiment, les travaux publics, la métallurgie et la sidérurgie, là où l'implantation algérienne est forte, surtout dans le Nord et dans l'Est et en région parisienne. La création de la Fédération de France de l'USTA reçoit le soutien de la gauche socialiste révolutionnaire française (la Fédération communiste libertaire de Georges Fontenis, La Révolution prolétarienne de Pierre Monatte, des personnes issues du communisme libertaire comme Daniel Guérin) et de certains syndicats comme la FEN. Par contre, le Parti communiste français (PCF), la Confédération générale du travail (CGT) et la CGT-FO sont hostiles à ce qu'ils considèrent comme une entreprise de division des travailleurs (les émigrés algériens sont en effet pour la plupart encartés à la CGT et servent de masse de manœuvre au PCF et à la CGT).

L'USTA s'implante si rapidement que, bientôt, 80% des adhérents algériens de la CGT l'ont rejointe. L'hostilité des appareils syndicaux et du PCF est encore renforcée par la condamnation par l'USTA des invasions impérialistes en Égypte lors de la crise du canal de Suez[Pourquoi ?] et de l'agression soviétique à Budapest, lors de l'été 1956. De 1957 à 1962, l’USTA publiera un journal La Voix du travailleur algérien, rédigé par des cadres et militants ouvriers qui fournit une masse d’informations sur le syndicalisme et la vie réelle du prolétariat algérien pendant la guerre d’Algérie.

Ce succès est mal supporté par le FLN qui en ordonne la destruction. Celle-ci est entreprise par Rabah Bouaziz que Abbane avait envoyé en France et nommé chef de l'OS, organisation spéciale. Cela se passe après que l'émotion soulevée par la découverte du massacre de Melouza, que Abbane avait ordonné, est atténuée3 :

Le 20 septembre 1957, Ahmed Semmache, responsable de la région parisienne est assassiné.
Le 24 septembre 1957, c'est Mellouli Saïd, responsable de la section des usines Renault.
Le même jour, c'est Hucine Maroc, responsable de la section des usines Panhard.
Le 7 octobre 1957, Abdalhah Falali, secrétaire général adjoint de l'USTA est grièvement blessé ; il mourra 48 jours plus tard.
Le 28 octobre 1957, Ahmed Bekhat est assassiné à Colombes
Plus tard, le 6 juin 1959, Mohamed Nadjii (dit Antar), secrétaire de la région parisienne est assassiné rue d'Enghien.

En 1961, l'USTA était pratiquement totalement éliminée et les travailleurs algériens furent contraints à s'inscrire à l'UGTA, d'obédience FLN.

Depuis l'UGTA est toujours le seul syndicat légal et reconnu par le gouvernement algérien dont il est une émanation.

fr.wikipedia.org - Union syndicale des travailleurs algériens

ملتقى رشيد بوجدرة بجامعة شلف


ملتقى عبادة الشهداء (المسلمين) و كيفية تخليدهم في العقل الجزئري المخربط



Le voyage secret de Chakib Khelil


Depuis quelques mois, une féroce bataille oppose ouvertement et en coulisse certains ministres du gouvernement Benflis à des responsables de l'UGTA. Principal objet du conflit : l'avant-projet de loi sur les hydrocarbures ficelé par le ministre de l'Énergie Chakib Khelil avec, au moins, un assentiment de certains membres du cabinet de George W Bush. L'UGTA, dont le secrétaire général, Abdelmadjid Sidi Saïd, avait obtenu une copie envoyée sous pli par Khelil lui-même en début de l'automne 2002, exige purement et simplement le retrait du projet. Sous la pression de différents facteurs, Bouteflika décidera alors d'amorcer un recul et d'annoncer, par le biais de son ministre, le retrait de l'avant-projet de loi. En vérité, le projet en question n'a pas été retiré. Il a tout simplement été gelé. Pour rassurer les Américains, le Président algérien dépêche Chakib Khelil à Washington immédiatement après l'annonce. Pour la première fois, nous sommes en mesure de reconstituer les des-sous de cette volte-face.

Constantine 22 décembre 2002. Maison du syndicat Abdelhak-Benhamouda. Les cadres syndicaux de la wilaya se réunissent pour débattre de l'avant-projet de loi sur les hydrocarbures. La colère gronde au sein du conclave. Certains ont des mots très durs envers des membres du clan présidentiel initiateurs du projet. Le communiqué final qui sanctionne la réunion en dit long sur l'hostilité de l'UGTA. Elle rejette le projet purement et simplement. Deux ministres, Abdelhamid Temmar et Chakib Khelil, font les frais de la colère. Ils sont épingles pour leurs comportements jugés attentatoires aux intérêts supérieurs de la nation. Le ton est donc donné. L'UGTA ne se laissera pas faire, quitte à susciter du bruit. Beaucoup de bruit.

Justement, le ministre de l'Énergie devrait participer à un forum organisé deux jours plus tard à l'université de Constantine pour expliciter son avant-projet de loi. Initiateur du forum : la coordination locale des associations de soutien au programme du Président. C'est que la présidence veut peser de tout son poids pour faire passer le projet. Même si le syndicat a tôt fait d'annoncer son refus de participer au séminaire, il compte être présent autour des lieux pour animer un mouvement de protestation. Les pétroliers de Skikda sont alors appelés en renfort pour soutenir le mouvement. À Constantine la tension monte entre détracteurs du projet et partisans de Bouteflika. Des rapports des services de renseignements s'inquiètent de possibles troubles qui pourraient perturber le déroulement du forum.

dimanche 3 juin 2012

Les jumeau de Nedjma de Benamar Medien

Benamar Mediene a été, pendant longtemps, le compagnon de route de Kateb Yacine et de M'hamed Issiakhem. Aujourd'hui, quelque part en terre d'exil, sa mémoire est grosse de souvenirs d'une vie bouillonnante aux côtés de l'écrivain et du peintre aux destinées singulières. Pour conter ces « récits orphelins », Mediene vient d'achever un ouvrage qui sera publié à partir du 2 mai prochain et qui a pour titre : Les jumeaux de Nedjma. Parce que, « quelle que soit la figure évoquée, celle de Kateb ou celle d'Issiakhem, c'est toujours une figure gémellaire qui surgit et mentalement s'impose à moi », confie-t-il. Un livre envoûtant.

La lecture des Jumeaux de Nedjma achevée, on n'a plus qu'une seule envie : dévaler les ruelles du vieil Alger, se perdre dans la Casbah, se fondre dans une ambiance enivrante nourrie à une source intarissable de mots, de formes et de couleurs, pour attendre sereinement l'apparition de la « figure gémellaire » du poète et du peintre, accompagnée de l'ombre et du parfum de « Nedjma ». Cette soif insatiable d'une quête impossible, hors du temps présent, est inévitable. Mediene la communique au lecteur à travers la construction d'une narration captivante tant par sa forme que par son contenu. Une construction qu'il a voulue originale, différente d'une biographie classique. « Le narrateur maître des cartes, des mises et des enchères, tricheur innocent, parlant de Kateb et d'Issiakhem, dialoguant avec eux ... se situera du côté de l'épars, du parodique, du dérisoire, de tout ce qui est voué au déni et à l'oubli parce que jugé résiduel par le biographe ». Le ton et l'esprit du conteur sont ainsi annoncés dès les premières pages de l'ouvrage.

vendredi 1 juin 2012

La Sale guerre pages 89 et 90

... « C'est un soir de mars 1993 que j'allais, pour la première fois, être confronté directement à la « sale guerre ». Alors que j'avais terminé mon service et que je me préparais à une nuit de sommeil bien méritée, le commandant Daoud m'a appelé par radio, me demandant de le rejoindre à son bureau très rapidement.

« Qu'est-ce qu'il y a encore ? », me suis-je dit. Je me suis rhabillé et je suis allé au bureau de mon chef. Il était en compagnie du général Fodhil Chérif, le commandant adjoint du CCLAS, et du colonel Djebar, que je connaissais de réputation — il était (il l'est toujours à ce jour) directeur du centre militaire d'investigation (CMI) de Blida, dépendant du DRS. Mon supérieur direct m'a dit que je devais effectuer une mission avec ma section dès 22 h 30 : nous devions escorter un camion. Une vingtaine de sous-officiers des para-commandos avaient pris place à l'arrière de ce camion de type K66 bleu recouvert d'une bâche verte. C'étaient des hommes de notre unité, le 25e RR, commandés par le lieutenant Chouaïbia, accompagnés d'hommes du DRS que je ne connaissais pas. Certains étaient habillés en civil, d'autres en tenue de parachutiste, munis de poignards et de grenades : ce commando qui ressemblait à un groupe terroriste avait, vraisemblablement, une mission « très spéciale ».


Avec seize éléments de ma section, répartis dans quatre Jeeps Willis, nous avons donc escorté le groupe jusqu'à un carrefour près de Oued el Alleug. Mes instructions étaient d'attendre les collègues au niveau de ce carrefour. Nous avons stationné à 1,5 km de là et le camion, lui, s'est dirigé à 23 h 30 vers un village appelé Douar Ez Zaâtria, dont les habitants — je l'apprendrai plus tard par le DRS — étaient des sympathisants du FIS ; les terroristes, nous dira-t-on, s'approvisionnaient régulièrement chez eux. Vers minuit trente, un appel radio : « Tounsi à Tounsi 13, rejoignez le point indiqué. » Mon indicatif était, en effet, Tounsi 13. J'avais reçu l'ordre de récupérer « mon camion » au carrefour. Sur le trajet du retour, il y avait un barrage de la garde républicaine. Mes chefs m'avaient donné comme instruction qu'aucune autorité ne devait contrôler le camion. Arrivé à hauteur du barrage, j'ai fait signe à l'officier de la garde républicaine de le laisser passer ; nous avons échangé un salut militaire et le camion est passé comme une lettre à la poste. A 1 h 30 du matin, nous étions de retour au PC. Descendu du camion, un sous-officier, habituellement sous mes ordres, m'a fait signe avec son poignard tâché de sang qu'il a fait passer sur son cou. Il ne m'en fallait pas plus pour comprendre. 7,e sur lendemain, les journaux algériens annonçaient : « Une attaque terroriste sur le village de Zaâtria a fait une douzaine de morts. » Je venais de participer à un massacre. C'était la première fois que je me sentais complice d'un crime. »

Tiré de La Sale guerre pages 89 et 90.

Le gros mensonge de Souaïdia

Habib Souaïdia impute dans son livre, La Sale guerre, paru en France, les massacres de civils en Algérie à l'ANP, en citant la presse nationale.Dans son livre ainsi que dans ses différentes déclarations aux médias nationaux et internationaux, l'ex-militaire persiste et signe.

Il précise qu'au mois de mars 1993, les journaux algériens avaient annoncé qu'un massacre qui aurait été perpétré par les militaires sur le village dénommé Douar Zaâtria, non loin de Boufarik, avait fait une douzaine de morts. Une attaque dans laquelle il se sentait complice d'un crime » (p 91), puisqu'il a participé à cette descente militaire et, par conséquent, il « venait de participer à un massacre. (...) Interrogés, les journalistes algériens des différents quotidiens qui se sont régulièrement penchés sur la question du terrorisme affirment que la localité n'a jamais connu à cette époque de massacre. Une lecture des principaux quotidiens algériens nous permet également d'affirmer aujourd'hui qu'il n'y a pas eu la moindre trace de massacres perpétrés contre la localité, et particulièrement le mois de mars 1993. Nous nous sommes rendus en effet dans les différentes rédactions et parcouru les éditions du mois de mars 1993 des journaux, en l'occurrence El Khabar, Le Matin et El Watan, aucun élément d'information relatif à cet acte précis n'est mentionné.

Les prétendues révélations du sous-lieutenant Souaïdia sont en fait bâties sur des faits inexistants. Il est possible à l'éditeur de ce livre et aux journalistes français de consulter les collections des journaux algériens sur ce fameux mois de mars 1993 et le massacre de Zaâtria. Il seront édifiés . Mais auront-ils l'honnêteté intellectuelle de le faire ?

DJAMILA KOURTA

www.algeria-watch.org
dzactiviste.info
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